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Archéologie & Vestiges

Notre connaissance actuelle des amérindiens des Antilles se heurte à une difficulté centrale. Les Taïnos et les Kalinagos, malgré leurs sociétés avancées, voire proto-étatiques pour les Taïnos, n’ont pas laissé de traces écrites pouvant nous permettre de déterminer leur vision subjective du monde. Cela nous a pendant longtemps condamné à ne pouvoir les comprendre que du point de vue de leurs colonisateurs européens, ce qui a mené à la perpétuation à travers les âges de stéréotypes mensongers.

Ainsi, pour la majeure partie de notre histoire, les Kalinagos furent décrits comme extrêmement violents, tandis que les Tainos ou « Arawaks » furent vu comme excessivement dociles. Cette dichotomie est aujourd’hui remise en question comme simplificatrice. C’est avec le développement tardif de l’archéologie Caraïbe Insulaire que l’on sortit enfin A paradigme d’un « peuple sans histoire », réduit l’image d’Épinal de leurs colonisateurs.

Des années 1880 aux années 1940

des travaux pionniers sont effectués, avec l’apport notable de Jean Baptiste Delaware (haut religieux et docteur en histoire et en géographie) pour la Martinique dans les années 30. Dans les années 50 à 60 les premières typologies sont établies, notamment par Irving Rouse (archéologue et anthropologue étasunien). En Martinique, le père Robert Pinchon (père spiritain et docteur en Sciences Naturelles) fait école, notamment avec son « introduction à l’archéologie martiniquaise ». La période 1880 à 1969 voit ainsi l’émergence du domaine des

« antiquités des petites Antilles », et compte 33 entrées dans notre bibliographie.

Avec 27 entrées pour une seule décennie, la période des années 70 (1970-1979) se révèle comme l’âge d’or de l’archéologie des Caraïbes Insulaires. Un Jeune Henry Petitjean Roger, fils de Jacques Petitjean Roger et élève du père Robert Pinchon produit ses premiers travaux. En 1976 il fait un compte rendu de « Vers une Préhistoire des Petites Antilles » du canadien Louis Allaire. L’ouvrage sorti en 1973 serait la « première synthèse en Français des recherches archéologiques aux petites Antilles ». Trois ans plus tôt, en 1970, c’est le musée d’archéologie précolombienne et de préhistoire qui ouvre ses portes, mettant à la portée du public foyalais et martiniquais les découvertes récentes.

Les années 80-90 sont une période de mutation profonde de l’approche archéologique précolombienne, de plus en plus consciente de la portée mondiale de cette discipline. 

« En 1991, F. Rodriguez-Loubet décrit l’orientation de la recherche : devenues carrefour des quatre continents avec l’arrivée des Européens, des Africains et des Asiatiques, les îles d’Amérique ont été le théâtre d’un des plus grands bouleversements de l’histoire universelle. Celui-ci s’est accompagné de profondes altérations du milieu naturel. En favorisant l’interdisciplinarité autour de l’étude des phénomènes de civilisations et de leur impact sur l’environnement, les interactions sont mises en lumière. En cela, nous avons choisi de nous situer comme discipline intermédiaire entre les sciences humaines et les sciences de la nature et non plus comme auxiliaire de l’histoire. Cette attitude théorique sous-tend toutes les recherches menées en Martinique. » (Soixante-dix ans d’archéologie en Martinique 1930-2000 : Pour un bilan historique des politiques de recherche, Nathalie Vidal 2007)

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