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Environnement et Subsitance

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Parresseux géant comparé à la taille d'un humain ( source wikipedia, licence attribution-share alike 3.0, https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Megalonyx_size.svg )

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Carte réalisée des migrations précolombiennes dans les Caraïbes insulaires, d'après Hofman (fond de carte wikipedia, libre de droit https://commons.wikimedia.org/wiki/File:La2-demis-caribbean.png )

La catégorie 7 « environnement et subsistance » nous éclaire sur le monde naturel caribéen et comment il a été le moyen de vie des amérindiens qui y vivaient. D’après S. Blair Hedges dans « Biogeography of the West Indies », les Antilles (West Indies) sont un territoire riche en diversité dû à la forte endémicité (le fait que des organismes soient présents uniquement dans une région), et à la nature insulaire des Antilles, qui favorise les évolutions divergentes entre les îles. Une partie de la faune, notamment les paresseux, comptent énormément d’espèces différentes, dont certaines dites « géantes ». C’est le cas des Megalonychidae, qui ont peuplé l’archipel des Antilles à partir d’un pont terrestre au niveau du Yucatan. Les paresseux géants ont probablement été chassé jusqu’à l’extinction avant l’arrivée des Européens, formant une proie essentielle pour les chasseurs de gros gibier du néolithique qui arrivent du Yucatan dans les grandes Antilles aux alentours de -4000. Une seconde migration, du delta de l’Orénoque aux petites Antilles et Puerto Rico, se passe aux alentours de -2000, et concerne des populations côtières vivant de pêche et de cueillette, notamment grands consommateurs de Lambis.

La pêche comme vitale 

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Canot équipé d'un filet trainé, dessin du 16ème siècle (libre de droit, auteur anonyme https://journals.openedition.org/jsa/14688?lang=en )

La tradition de pêche se poursuivra à travers les ages jusqu’à aujourd’hui, 4 % de la population de la Martinique étant impliquée dans cette activité d’après Richard Price, anthropologiste et historien à Harvard. Les pêcheurs de la Caraïbe Insulaire occupent une place importante dans leurs sociétés, depuis l’époque précolombienne jusqu’à aujourd’hui. Des récits datant du 17ème et 18ème siècle attestent ainsi du talent pour la pêche des Kalinago. Avec leurs pirogues monoxyles, ils chassaient notamment de gros gibiers comme les requins (à l’hameçon) et les tortues, lamentins, raies ou autres poissons (à la lance). Avec l’intensification du contact avec les européens, les pêcheurs kalinago se tournent de plus en plus vers des pratiques commerciales, tout en gardant une grande indépendance et en étant mieux équipés grâce aux outils en métal importés d’Europe. Certains esclaves africains furent utilisés comme pêcheurs par leurs propriétaires, développant également une technique qui impressionne les observateurs de ces époques. Les équipes de pêcheurs sont alors composés d’une dizaine d’hommes, pour manipuler des outils de pêche intensive comme la seine.

Un rapport sacré à la mer

Chez les Tainos, la mer et la pêche occupent une place importante jusqu’à dans leur mythologie. Ainsi, le poisson aurait été le premier être à être créé d’après Bill Keegan. L’importance de la pêche au requin et à la raie est également attestée. Le mot pour requin, « Caconeta », est issu de la racine « Cacona », signifiant « récompense », et quatre mots différents connus désignent les différentes espèces de requins, deux mots différents étant utilisés pour désigner les raies. Des restes de raies et de requins sont retrouvés sur tout les sites Tainos, la raie en particulier étant utilisée pour son épine caudale, qui sert de pointe de lance, et sa peau rugueuse servant à râper le manioc en fine farine (Talking Taino). Les iguanes sont également consommés comme un met de choix par les Tainos, ce qui les a amenés proche de l’extinction à l’arrivée des Espagnols. Les iguanes d’alors étaient considérablement plus gros que ceux actuels.

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Conque de Lambi, un gastéropode très apprécié des kalinagos et Taïnos (source wikipédia, upload by Brian 0918, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Conch_shell_2.jpg creative common attribution share alike 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en )

Une plante essentielle : le Manioc

Si les animaux étaient importants, se sont les plantes qui forment la base de la subsistance Taino, notamment le maïs, la patate douce « boniata » et le manioc « yuca » comme sources de féculents. Le manioc amer nécessitait un traitement complexe et ingénieux pour être rendu comestible et transformé en cassave, un pain plat non fermenté qui était la base de l'alimentation. La première étape consistait à éplucher et râper les tubercules sur une planche incrustée de pierres tranchantes « guayo » ou, après le contact avec les Européens, sur une râpe en métal. La pulpe râpée était ensuite placée dans un long tube en vannerie tressée « cibucan », qui était suspendu et lesté pour en extraire le jus toxique, riche en acide cyanhydrique. La farine humidifiée restante était ensuite tamisée sur un grand panier plat pour obtenir une semoule fine. Celle-ci était étalée sur une grande plaque de cuisson en argile placée sur le feu, le burén, où elle cuisait pendant quelques minutes pour former de grandes galettes circulaires et fines, les cassaves.

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Cassave séchant au soleil prise par James Kevin James en 2008 (source wikipedia, libre de droit 
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cassava_bread_drying.jpg )

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